A la rencontre des peuples indigènes d’Amazonie

 

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A la rencontre des peuples indigènes d’Amazonie

Partir à la découverte de l’Amazonie ne signifie pas seulement découvrir le fleuve Amazone et la jungle qui l’entoure. C’est aussi plonger dans l’habitat naturel de nombreuses espèces animales et végétales. Mais là encore, ce n’est pas suffisant puisque l’Amazonie est aussi la terre natale de nombreux peuples indigènes. Des peuples que l’on tend souvent à sous-estimer, mais qui pourtant, lutte quotidiennement pour maintenir et conserver l’équilibre de l’Amazonie. Qui sont-ils et comment vivent-ils au cœur de cette jungle immense ?

Des peuples pourchassés et menacés

Les indigènes d’Amazonie

Tout savoir sur les indigènes d’Amazonie

Depuis des siècles, les peuples indigènes de l’Amazonie luttent pour leur territoire et pour leur survie. Avec la déforestation qui s’intensifie, ils sont régulièrement chassés de leur propre territoire, les poussant ainsi à s’installer encore plus profondément dans la forêt.

L’industrialisation, l’exploitation du bois, l’agriculture intensive, les élevages (essentiellement bovins) s’installent de plus en plus dans le bassin amazonien sans tenir compte des ravages qu’ils font. Non seulement, ils détruisent une richesse naturelle d’envergure, mais ils ôtent aussi aux indigènes des ressources précieuses pour leur subsistance.

Il faut savoir que depuis toujours, ces peuples ne font qu’un avec cette nature exubérante où ils vivent loin de la civilisation. Ils se chargent de veiller sur cet environnement et en retour, cet environnement leur donne de la nourriture, des habitations et une grande variété de plantes médicinales à nombreuses vertus. Ces dernières se montrent tellement efficaces que leur secret a fini par arriver aux oreilles des industries pharmaceutiques et cosmétiques qui utilisent désormais l’Amazonie comme première source de matières premières.

A cause de tous ces changements, bon nombre de peuples indigènes ont disparu ou ont fusionné avec le monde moderne. Certains ont toutefois réussi à garder leur identité, mais pour combien de temps ? Tous les jours, la civilisation rogne une part de leur territoire, les contraignant à s’enfoncer davantage dans la jungle. Avant qu’ils ne disparaissent totalement, partons à la rencontre de ces habitants qui mènent une lutte quotidienne pour conserver ce qui leur revient de droit : l’Amazonie.

Un petit rappel sur le bassin amazonien

Le bassin amazonien se compose du fleuve Amazone et de la jungle qui l’entoure sur toute sa longueur. Rappelons que l’Amazone est le plus long fleuve de l’Amérique du Sud. Il affiche une longueur de plus de 7 000 km et traverse le sous-continent sur toute sa largeur allant d’ouest en est. Il traverse ainsi de nombreux pays sud-américains comme le Pérou, la Colombie, l’Équateur, le Venezuela, la Bolivie, le Brésil, la Guyane, le Suriname et la Guyane française.

Vu l’étendue du bassin, de nombreux peuples y vivent encore par petits clans. Dans leur ensemble, les indigènes ont des points communs quant à leur moyen de subsistance et même dans certaines de leurs traditions, tout en restant différent les uns des autres. Tous, contribuent néanmoins à la sauvegarde de ce patrimoine naturel considéré comme un poumon vert majeur du monde. Grâce à eux, l’Amazonie n’a pas encore disparu totalement et si on souhaite qu’il en reste ainsi, protéger ces communautés est essentiel.

Qui sont ceux qui ont réussi à subsister jusqu’a aujourd’hui ?

Les peuples indigènes

Les peuples indigènes au Brésil

Certains peuples indigènes évitent, autant que possible, d’entrer en contact avec le monde civilisé. En Amazonie, il y a donc des villages inconnus, très bien cachés du monde extérieur et qui entendent le rester. Et il y a ceux que les anthropologues ont déjà pu étudier et qui essaient aujourd’hui de côtoyer la civilisation sans l’adopter. Partir à la rencontre de ces communautés reste néanmoins difficile, mais avec un bon guide local, vous aurez cette chance. Parmi celles qu’il faut absolument rencontrer, on peut citer :

Les Nahuas :

Ils vivent en Amazonie péruvienne et descendent de la fusion de diverses communautés indigènes. Les mélanges dont ils sont issus leur a attribué une culture riche qu’ils préservent toutefois jalousement. Il faut dire que les Nahuas vivent isolés et qu’ils n’acceptent guère les étrangers dans leur clan afin de préserver leur identité. Pour eux, cette identité est cruciale puisque leur permet de mener une existence paisible au cœur de la jungle tropicale du Pérou.

Les Piripkuras :

C’est une communauté indigène qui vit en Amazonie brésilienne. On les appelle aussi les Indiens Gavioas qui est en réalité la dénomination de leurs voisins. Contrairement aux Nahuas, les Piripkuras sont plus faciles à aborder et d’ailleurs, ils sont entrés en contact avec le monde civilisé dès les années 80. Même s’ils ont consenti à nouer le contact, ils chérissent jalousement leurs traditions et leurs valeurs. Voilà pourquoi, même si certains membres du clan ont bien voulu faire découvrir leur mode de vie, les Piripkuras ont restreint leur contact avec le monde extérieur.

Comme toutes les communautés indigènes de l’Amazonie, ils vivent essentiellement de la pêche, de la cueillette et de la chasse. Leur langue officielle est le tupi-kawabih que tous les peuples autochtones du Brésil parlent également.

Les Korubos :

Leur territoire est à cheval sur le Brésil et le Pérou.

Il faut savoir qu’ils l’occupaient déjà bien avant que les frontières ont été établies en Amérique du Sud. Pour eux, il n’y a pas de différence entre les deux pays et pour cause, ils vivent là depuis des siècles.

Même si en temps normal, chaque peuple a son propre territoire, les Korubos partagent désormais le leur avec d’autres communautés dont certaines sont déjà entrées en contact avec le monde civilisé et d’autres pas du tout. Il faut noter que bon nombre de communautés refusent le contact avec les étrangers à cause des maladies que ces derniers pourraient leur transmettre. C’est pour cela que vivre isolé est pour eux gage de leur existence.

Pour les Korubos, la vie tourne autour de la pêche, de la chasse et de l’agriculture. Ils cultivent effectivement quelques lopins de terre afin d’assurer leur subsistance.

Les Nukaks :

Cette communauté indigène de la Colombie est entrée en contact avec le monde moderne et depuis, plus de la moitié d’entre eux ont péri. Les Nukaks sont aujourd’hui en voie d’extinction et ceux qui restent deux sont perpétuellement chassés par les trafiquants de coca. Le peuple, actuellement en sous-nombre vit dans le sud-est de la Colombie, entre les rivières Inirida et Guaviare.

Les Kawahivas :

Comme une grande majorité de peuples indigènes, les Kawahivas vivent dans la fuite et dans la crainte perpétuelle des blancs et surtout des bûcherons. Ils ont été chassés maintes fois de leurs terres, menant une existence nomade les empêchant de cultiver ou d’agrandir la communauté. Ceux qui en restent vivent aujourd’hui de la pêche et de la chasse. Ces Indiens n’ont plus de territoire propre puisque les bûcherons se le sont appropriés.

Ces communautés ne sont pas les seules à vivre recluses dans le bassin amazonien. On en trouve encore d’autres comme les Makunas présents dans la région du Vaupés, les Tikunas qui vivent dans le bassin du rio Amazonas ou encore les Huitotos qui sont surtout implantés sur les rives du fleuve Putumayo.

Un aperçu sur leur mode de vie

Le mode de vie des peuples indigènes d’Amazonie

Le Chaman : chef spirituel des peuples indigènes

Toutes les communautés indigènes de l’Amazonie adoptent le même mode de vie. Elles vivent essentiellement de la pêche, de la chasse, de la cueillette et de l’agriculture pour ceux qui ont la chance de trouver des lopins de terre à cultiver.

Contrairement au monde moderne, ces peuples ont des traditions bien à eux que ce soit en termes de festivités ou de médecine. Pour eux, les médicaments se trouvent dans cet environnement que Mère nature leur a si généreusement donné. Leur nourriture est également issue de la jungle ainsi que tout ce qui compose leurs habitations.

Il faut savoir que les indigènes sont des bâtisseurs et des sculpteurs nés. Ils ont la capacité de transformer tout ce qu’ils trouvent dans la nature en quelque chose d’utile. C’est ainsi que les troncs d’arbre sont sculptés pour devenir des moyens de communication, que les lianes sont utilisées pour construire les cases, que les venins et poisons issus des plantes et de certains animaux sont utilisés en guise d’arme, que les chants des oiseaux et les traces d’animaux sont lus pour s’orienter dans cette immense jungle, …

Concernant les traditions et rites ancestrales, chaque communauté a ses propres croyances et rites spirituels. Tous vénèrent toutefois la nature et chaque clan possède un chaman, considéré comme l’intermédiaire entre le monde des vivants et celui des esprits.

Pour beaucoup, les indigènes sont des peuples qui refusent d’intégrer la civilisation or, ils sont essentiels pour la sauvegarde de l’Amazonie et de connaissances ancestrales. De ce fait, au lieu de les chasser et de voler leur territoire, mobilisons-nous pour les protéger et respecter leurs valeurs comme eux respectent aussi ce que nous sommes.

 

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