Les réserves de Mamiraua et d’Amana au Brésil

 

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Les réserves de Mamiraua et d’Amana au Brésil

Le Brésil n’est que plages de sable fin bordées d’eau turquoise. C’est aussi de vastes zones verdoyantes que l’on découvre au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans les terres et que l’on monte vers le nord-ouest du pays. Bienvenue en Amazonie. Ici, mère nature se montre généreuse, mais la zone est malheureusement en danger du fait de la surexploitation des hommes. Pour en préserver la majeure partie, des réserves protégées ont été créées dont celles de Mamiraua et d’Amana.

Découvrir la réserve de Mamiraua

Créée en 1996, la réserve de Mamiraua se situe au cœur de  l’Amazonie. Elle est rattachée à l’Etat d’Amazonas et la ville la plus proche est celle de Tefé. Son territoire est départagé entre cinq municipalités de l’Etat à savoir Fonte Boa qui possède les 52% du site, Maraã qui en possède les 26.74%, Uarini qui possède les 18.68%, Japura qui possède 1.33% et Tonantins qui possède 1.24%. Malgré ce partage, le site est géré par un seul organisme, l’Institut de développement durable de Mamiraua.

Elle est la première réserve de développement durable ouverte à l’écotourisme à avoir vu le jour au monde. C’est une zone de préservation de la biodiversité de l’Amazonie et plus précisément, une zone de protection de l’Uakari blanc, un petit singe endémique menacée. Ce singe est aujourd’hui la mascotte de la réserve et c’est également de lui que s’est inspiré l’Uacari Lodge pour se faire baptiser.

C’est à José Marcio Ayres, un scientifique Brésilien qui s’est battu pour la protection de ce site, que l’on doit aujourd’hui l’existence de cette aire protégée.

L’Uacari Lodge :

C’est un complexe hôtelier qui a élu domicile au cœur de la réserve. Le lodge se compose d’une dizaine de bungalows flottants et ne peut accueillir que 20 personnes au maximum. Conçu dans le respect total de l’environnement, il permet aux touristes d’avoir un pied-à-terre au sein de la réserve et de les faire plonger dans le mode de vie des habitants de cette région.

A Uacari Lodge, tout ce qui est technologie moderne est bannie : pas de téléphones portables et pas d’ordinateurs. Rassurez-vous, les chambres sont quand même confortables et la gastronomie savoureuse. Les plats sont préparés à base de produits frais issus de la forêt. Pour fonctionner en total autarcie, l’hôtel utilise l’énergie solaire et a mis en place un système de collecte des eaux de pluie. Il a également installé un système de filtrage des déchets organiques pour ne pas polluer la zone.

Un séjour au sein de cet établissement vous permet d’accéder à l’ensemble de la réserve. Des guides locaux vous emmèneront à travers la forêt amazonienne donc emportez de bonnes chaussures de marche et des vêtements légers, mais couvrants pour les randonnées, les visites en canoë et les autres activités proposées.

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Que voir dans la réserve de Mamiraua ?

Que voir dans la réserve de Mamiraua ?

L’Uakari blanc de la réserve de Mamiraua

En quelques mots : la splendeur de la forêt amazonienne.

La première information à retenir c’est que la réserve de Mamiraua abrite la plus grande zone de « varzea » au monde. Il s’agit d’un écosystème composé de forêt inondée ainsi que de rivières riches en sédiments. C’est d’ailleurs pour préserver cet écosystème que la réserve a été rattachée au Parc National de Jau qui est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis l’année 2000. Grâce à la fusion, la réserve de Mamiraua bénéficie aussi de la protection de cet organisme international.

Pour en revenir à la richesse du site, ce dernier compte plusieurs espèces endémiques dont l’Uakari blanc comme on l’a déjà évoqué plus haut. Bien qu’il en soit le symbole, le petit singe partage le territoire avec le singe hurleur que l’on appelle le guariba, le sapajou ou macaco-de-cheiro, le macaco-prego, les ouistitis pygmées, les paresseux, l’écureuil roux, le fourmilier à collier, les jaguars, les pumas …

Dans ses eaux, on retrouve un grand nombre de caïmans noirs et des piranhas. Comprenez pourquoi personne ne s’y baigne sauf peut-être dans la piscine naturelle de l’Uacari Lodge. La pêche aux piranhas fait toutefois partie des activités proposées par le site pour ceux qui veulent voir à quoi ressemblent ces petits carnivores. Outre ces prédateurs, les eaux de la réserve abritent aussi des habitants peu dangereux comme les dauphins et d’autres espèces de poissons remarquables. Ici, on peut  apercevoir le fameux dauphin rose et c’est également ici que vit le fameux pirarucu, un poisson géant qui peut atteindre les 3 m de long. Ce dernier est également menacé à cause de la surpêche, car le pirarucu est très recherché pour sa chair savoureuse. Au sein de la réserve toutefois, la pêche de pirarucu est très contrôlée. Et toujours en termes de poisson, les eaux abritent aussi le tambaqui.

Et ce n’est pas fini, car la réserve de Mamiraua est aussi un site d’observation d’oiseaux très prisé par les ornithologues. Plus de 400 espèces y vivent à l’année et parmi les plus emblématiques, on peut citer les Hoatzins, les aigles royaux, les oiseaux aquatiques, les toucans, les perroquets …

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Que faire dans la réserve de Mamiraua ?

Sachez que la réserve s’étend sur une superficie de 11 240 km². Cela vous fait une très large zone à découvrir donc ne perdez pas de temps. Le séjour est organisé par le Lodge et les tarifs proposés comptent généralement cinq jours sur place tout compris avec le transfert aller-retour depuis et vers l’aéroport de Tefé. Il faudra néanmoins le confirmer avant la réservation.

Outre l’observation des oiseaux, la pêche aux piranhas, les visites en canoë et les randonnées à travers la forêt, toujours en compagnie d’un guide, la réserve de Mamiraua permet aussi d’aller à la rencontre des habitants qui y vivent.

Il faut effectivement savoir que la réserve a aussi été conçue pour protéger le territoire des Amérindiens qui y vivent en parfaite harmonie avec la nature. En tout, on recense près de 200 villages au cœur de la réserve, avec plus de 10 000 habitants.

Au fil des ans, ces derniers ont appris à vivre des richesses de la forêt sans la détruire. Leur mode de vie est aujourd’hui basé sur le développement durable. Ils savent exactement de quoi ils ont besoin pour se nourrir, pour construire leurs habitations, pour se soigner et jamais, ils ne détruisent inutilement.

Pour vivre, les habitants cultivent quelques lopins de terre. Ici, il n’y a pas d’agriculture intensive, mais plutôt de l’agro-écologie et la culture de plantes natives. Pour se faire un peu d’argent, ils sont autorisés à vendre de la pulpe d’açai et de cupuaçu. La commercialisation des fruits bruts est par contre interdite.

Lorsqu’ils doivent plonger dans la forêt pour aller cueillir de l’açai, une petite baie aujourd’hui réputée à travers le monde, les Amérindiens savent quand il faut s’arrêter de récolter pour ne pas épuiser les réserves. Eux-mêmes en consomment pour garder la forme.

Il en va de même pour la chasse et la pêche. Les habitants ne tuent que ce dont ils ont besoin pour se nourrir. Ces activités sont d’ailleurs très contrôlées pour éviter à nouveau de mettre les différentes espèces qui y vivent en péril.

Les scientifiques qui y viennent connaissent très bien leur mode de vie et planifient leurs recherches dans le respect de l’habitat naturel de ces tribus. Ils allient même leurs recherches avec les connaissances traditionnelles de ces peuples.

La rencontre avec ces Amérindiens nous fait plonger dans un univers à part où la nature reste maîtresse des lieux. Notez que les réserves de Mamiraua et d’Amana figurent parmi les quelques aires protégées à tolérer la présence humaine en leur sein.

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Comment se rendre dans la réserve de Mamiraua ?

Accéder à la réserve n’est pas facile donc il faudra vraiment avoir envie de la découvrir pour y aller. Plongée au cœur de l’Amazonie, la ville la plus proche est celle de Tefé. Pour s’y rendre, il faut prendre un vol à Manaus qui se trouve à environ 525 km à l’ouest de la réserve.

C’est ensuite l’Uacari Lodge qui se charge de venir vous récupérer à l’aéroport de Tefé et veiller à ce que vous arriviez à l’hôtel. Après une portion de route faite en voiture, on vous fait embarquer à bord d’un bateau à moteur qui plongera au cœur de la réserve. Le trajet en bateau dure environ 1h30 ce qui prouve quand même que oui, le site est vraiment en retrait dans le bassin amazonien.

Découvrir la réserve d’Amana

Créée deux ans après la réserve de Mamiraua, la réserve d’Amana ne doit pas être confondue avec la réserve de même nom, mais qui se situe en Guyane française. Dans ce billet, on va se focaliser sur la réserve de développement durable d’Amana au Brésil. Cette dernière est rattachée à l’Etat d’Amazonas et est subdivisée entre diverses municipalités à savoir celle de Maraã, de Coari, de Barcelos et de Codajas.

Tout comme la réserve de Mamiraua, elle a été rattachée au Parc National de Jau et bénéficie également de la protection de l’Unesco. La réserve chevauche d’ailleurs une partie de ce parc sur sa frontière est. A l’ouest, elle est bordée par la rivière Japura qui fait office de frontière naturelle entre elle et Mamiraua. En effet, la réserve de Mamiraua se trouve de l’autre côté de la rivière. A eux trois, Mamiraua, Jau et Amana, ils forment la plus grande zone de forêt protégée au monde. Au nord, elle est bordée par la réserve de Rio Unini.

Le site doit son nom au lac Amana qui se trouve sur son territoire. Il s’agit de l’un des plus grands lacs du bassin amazonien. La réserve s’étend sur une superficie de 2 350 000 ha ce qui représente aussi une très vaste zone à découvrir. La réserve d’Amana est également gérée par l’Institut de développement durable de Mamiraua ce qui prouve le lien étroit entre les deux aires protégées.

Que voir dans la réserve d’Amana ?

Que voir dans la réserve d’Amana ?

La varzea des réserves de Mamiraua et d’Amana

La réserve d’Amana, outre son lac, abrite aussi une zone de varzea, une zone recouverte de forêt dite terra firma et une petite zone recouverte de campinarana, une forêt de sable blanc.

En termes de faune, elle est l’habitat naturel de dauphins amazoniens dont le dauphin rose, de lamantins d’Amazonie, d’aigles harpies, de tinamous, de chiens de brousse, du poisson Arapaima …

Elle compte aussi de nombreuses espèces de primates à savoir l’Uakari à dos doré, le titi à collier, le tamarin à face marbrée, le capucin à front blanc, le singe écureuil, le hurleur rouge du Venezuela, le capucin tufté et le singe de nuit de Spix.

Durant la saison sèche, les lamantins vivent en grand nombre dans le lac d’Amana. Quand vient la saison humide, le niveau du lac peut grimper jusqu’à 10 m ce qui pousse les lamantins à migrer vers la varzea de la réserve de Mamiraua. Le tinamou effectue également la même migration.

Que faire dans la réserve d’Amana ?

Outre la découverte du site à pied ou en canoë, la visite de la réserve d’Amana permet aussi de partir à la rencontre des habitants locaux. En effet, de nombreuses familles y ont également élu domicile, réparties entre six villages. Ils y vivent dans le respect du développement durable et pratiquent l’agriculture, la pêche, la chasse et exploitent même la forêt, mais toujours dans le cadre d’un contrôle strict.

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Comment se rendre dans la réserve d’Amana ?

De la même manière qu’on se rend dans la réserve de Mamiraua. Il faut donc prendre l’avion à Manaus pour se rendre à Tefé et de là, l’Uacari Lodge se charge de vous mener jusqu’au cœur de la réserve de Mamiraua. Les excursions réalisées à Amana se font au départ de Mamiraua. La réserve d’Amana se situe à environ 650 km à l’ouest de Manaus.

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Même si le nombre de visiteurs est limité, la découverte de ces réserves est un incontournable à faire durant un séjour au Brésil. Leur visite vous fera plonger au cœur de la nature amazonienne et vous fera découvrir un nombre considérable d’espèces faunistiques et floristiques.

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