État de la situation sur le Coronavirus au Brésil

 

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État de la situation sur le Coronavirus au Brésil

C’est en fin 2019, qu’on a recensé le premier cas du covid-19 en Chine et en quelques semaines seulement, il a touché tous les continents, plus précisément 177 pays dont le Brésil. On croit bien que l’Amérique du Sud était bien loin de la Chine, mais en fin février, on a eu un premier cas positif qui a été détecté à Sao Paulo au Brésil et aujourd’hui encore, le nombre de personnes touchées par le covid-19 ne cesse d’augmenter. Comme pour les autres pays, le Brésil compte aussi des décès.

Face à ces chiffres officiels que le gouvernement sort, les chercheurs restent sceptiques et ils estiment que le nombre de personnes infectées est quinze fois plus élevé que ce que le gouvernement affiche.

État de la situation le 17 avril 2020

Du continent latino-américain, le Brésil affiche tout de même un nombre assez conséquent en personnes contaminées et en décès par le covid-19. Pourtant, le pays a été tardivement été touché par la pandémine comparé à l’Asie et à l’Europe. C’est l’Université américaine Johns-Hopkins qui se donne la tâche de recenser le nombre de cas de contamination et de décès suite au covid-19 dans chaque pays. D’après ses statistiques du 17 avril 2020, le nombre de personnes contaminées est à 36 599 et le nombre de décès à 2347. Si on se penche sur le côté positif, le pays affiche aussi fièrement les 14 026 personnes guéries.

Des statistiques remises en cause par un collectif de chercheurs d’universités

Le président brésilien ne semble pas pour autant être alerté par cette pandémie dans son pays malgré les 2347 morts. Le groupe covid-19 Brasil, un collectif de chercheurs d’universités, avance également des affirmations qui inquiètent une partie de la population brésilienne. Ce groupe annonce qu’il y aurait plus de personnes contaminées que ce que le gouvernement annonce et il ose même avancer qu’il y a entre onze et quinze fois plus de personnes contaminées que ces chiffres qu’affiche le gouvernement. D’après leur explication, le dépistage n’est pas encore vraiment en place et seul près de 296 personnes sur un million sont testés. Les autorités locales partagent ce même constat et ajoutent qu’au pays, seuls les cas graves ont l’autorisation d’être testés. Un médecin urgentiste à Bauru à Sao Paulo confirme la situation en soulignant qu’on ne fait pas de dépistage sur les cas suspects aux urgences. Seules les personnes hospitalisées passent le test.

État de la situation le 30 mars 2020

C’est l’Université américaine Johns-Hopkins qui se donne la tâche de recenser le nombre de cas de contamination et de décès suite au covid-19 dans chaque pays. D’après ses statistiques du 30 mars 2020, le Brésil se trouve à la 19ème place des pays les plus touchés par le coronavirus si on se réfère au nombre de cas. Comme il n’y a pas encore de vaccin officiel pour lutter contre ce virus, le Brésil affiche également des décès tous les jours et le 30 mars dernier, il s’est trouvé à la 13ème place pour ce qui est du nombre de morts.

En un peu plus d’un mois depuis le premier cas, on a enregistré 4256 cas confirmés au Brésil. Pour ce qui est du nombre de décès, on était à 136 le 30 mars dernier. Sur les 24 heures du 29 mars seulement, on a eu 352 cas positifs et 25 décès. Au Brésil, le rapport de décès est 3,2 sur 100, ce qui est moins conséquent que celui de l’Italie qui est à 11,03 et de la France à 6,41.

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Des preuves scientifiques ont été rapportées au président, mais il les a ignorées. Avec le soutien de certains dirigeants d’entreprises brésiliennes et de quelques pasteurs d’églises néo-pentecôtistes, il reste dans sa position. Le samedi 4 avril dernier, le ministre de la santé, Luiz Henrique Mandetta, a déjà fait un appel au confinement, même s’il n’a pas été soutenu par le président. Il explique dans son appel que le Brésil ne dispose pas du nécessaire pour affronter l’épidémie, ce qui est un vrai. L’éternel pays d’avenir n’a pas autant de respirateurs, de lits de soins intensifs, d’équipements de protection et de tests de diagnostic, sans compter le manque de personnel de santé qualifié. Le ministre brésilien de la santé a même affirmé son souhait de dialogue avec les trafiquants de drogue et les milices dans les favelas pour lutter ensemble contre l’épidémie.

Un bras de fer qui finit par un licenciement

Après quelques jours de contradiction, Jail Bolsonaro a décidé de limoger son ministre de Santé, Luiz Henrique Mandetta, le jeudi 16 avril dernier. Luiz Henrique Mandetta l’a annoncé sur son compte Twitter et explique que le président l’a démis de ses fonctions après leur rencontre au palais présidentiel de Planalto. Cette situation était tout de même prévisible, car les affrontements entre le ministre et le président étaient de plus en plus fréquents. Cet ancien ministre de la Santé était quand même très populaire au Brésil et une partie de la population dans plusieurs villes brésiliennes a contesté cette décision de leur président en faisant des concerts de casseroles.

A la tête du ministère brésilien de la Santé, on a l’oncologue Nelson Teich. D’après plusieurs médias, Jail Bolsonaro l’aurait reçu ce même jeudi dans la matinée. Nelson Teich n’est pas un inconnu pour le président brésilien, car après son élection en 2018, l’oncologue a déjà été proposé à ce poste, mais Luiz Henrique Mandetta a été choisi par le président pour des raisons de soutiens politiques au Parlement.

Le premier cas positif révélé par le Ministère de la Santé

Coronavirus au Brésil

Un cas positif de coronavirus au Brésil Source de l’image : information.tv5monde.com

Avant le 26 février dernier, ce n’était que des rumeurs. On avait dit qu’un Brésilien de 61 ans ayant passé des vacances en l’Italie était atteint du coronavirus. D’après les dires, il était en Lombardie, dans le nord du territoire italien du 9 au 20 février, un séjour de deux semaines. A son arrivée sur le territoire brésilien, il était en bonne santé et les symptômes sont parus un peu plus tard. Il est passé à l’Hôpital Albert Einstein de Sao Paulo et c’est là que le premier test s’est avéré positif, ce qui a été confirmé par un autre test réalisé à l’Institut Adolfo Lutz.

Luiz Henrique Mandetta, le ministre brésilien de la Santé, a fait une déclaration publique et a considéré ce cas comme un important foyer de propagation. Le secrétaire à la santé, Jose Henrique Germann Ferreira, rassure tout de même la population brésilienne en affirmant que le patient va bien et il est placé en isolement chez lui jusqu’à disparition des symptômes. D’ailleurs, d’autres mesures ont bien été prises : la recherche active des proches de ce patient ainsi que toutes les personnes qui ont été en contact avec lui par les autorités sanitaires. Aujourd’hui, le Brésil affiche un bilan avec 20 cas suspects de contamination dont une douzaine ayant séjourné en Italie. Jusqu’ici, l’Italie est le pays européen le plus affecté avec un peu moins de 400 cas et 12 morts.

Le ministre de la Santé souligne qu’il n’y a pas de frontière à la propagation du virus. Il est également difficile de prendre des mesures draconiennes, mais ce qu’il a demandé à ses compatriotes est de limiter les déplacements s’ils se sentent fiévreux. Il a bien compris qu’il sera difficile d’interdire les déplacements aux 12 millions d’habitants de Sao Paulo. Luiz Henrique Mandetta compare d’ailleurs le coronavirus à la grippe et dit : « C’est encore une grippe que l’humanité va devoir surmonter. Comme avec tout virus, c’est la réactivité qui est la plus efficace». A l’aéroport international de Guarulhos, le premier aéroport du Brésil, on peut déjà voir quelques employés porter des masques.

Des répercussions immédiates et les mesures prises

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir les premières répercussions de cette annonce. Le mercredi soir même du 26 février, en fin de séance à 19H15 GMT, la Bourse de Sao Paulo a chuté de 6,87%. Au début, cette nouvelle ne semblait pas vraiment affoler les foules qui participaient aux festivités à la fin du mois de février, car même sur les derniers jours des festivals, on avait toujours le million de personnes presque dans toutes les grandes villes de l’éternel pays d’avenir. Un membre d’un groupe carnavalesque souligne d’ailleurs que tout ira bien et que rien ne peut vaincre les festivités brésiliennes.

Le mardi 17 mars, le pays annonce l’état d’urgence à Rio de Janeiro et dans la ville de Sao Paulo suite au premier décès du covid-19. Les autorités locales instaurent de nombreuses mesures restrictives dont la fermeture des lieux touristiques emblématiques. A Sao Paulo, le maire va même jusqu’à ne plus organiser d’appels d’offre pour des achats. Le gouverneur de Rio a aussi invité la population à rester chez eux. Les écoles, les universités et les centres culturelles ont aussi fermé leurs portes à Rio.

Au Brésil, la population est un peu perdue, car face aux mesures draconiennes prises par la majorité des gouverneurs, le président Jail Bolsonaro ne semble pas si alerté par le coronavirus. Il le qualifie même de « petite grippe » et ne comprend pas trop l’intérêt du confinement massif dans certaines régions. Le président d’ailleurs mène sa vie comme tous les jours. Dimanche 29 mars, il est descendu dans les rues de la capitale brésilienne pour aller à la rencontre des commerçants sans aucune protection. Il parle normalement aux commerçants, sans la distance d’un mètre imposée par l’OMS et il va même jusqu’à encourager la population à travailler. Jail Bolosnaro annonce que malgré l’épidémie, le Brésil ne peut pas s’arrêter, mais le chef d’Etat brésilien alerte tout même les plus âgés.

Cette vague épidémie a vu le jour vers le début du mois de décembre dans la Chine Centrale, plus précisément dans la ville de Wuhan. En quelques mois, elle s’est très vite propagée et touche maintenant une cinquantaine de pays à part la Chine. Jusqu’ici, on n’a  pas encore de vaccins officiels contre le coronavirus, mais un patient atteint de cette pathologie peut très bien guérir avec des traitements appropriés.

 

 

 

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