Une défaillance technique sur l’airbus A 320 sur la catastrophe du Brésil ?

 

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L’hypothèse d’une défaillance mécanique comme une des causes possibles de la catastrophe aérienne de Sao Paulo a gagné du terrain après l’annonce jeudi par la compagnie TAM qu’un système d’aide au freinage était désactivé sur l’Airbus A320 accidenté.
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La compagnie brésilienne TAM

A reconnu jeudi soir que l’inverseur de poussée droit était « désactivé » depuis le 13 juillet « dans les conditions prévues par les manuels d’entretien du constructeur Airbus ».

La TAM précisait que ce problème « ne constitue pas un obstacle à l’atterrissage de l’avion ».

L’inverseur de poussée est un dispositif permettant de freiner l’avion au cours de l’atterrissage en orientant vers l’avant la poussée exercée par un réacteur.

L’Airbus A320 s’est écrasé mardi avec 186 personnes à bord, dont aucune n’a survécu, sur un bâtiment situé à côté de l’aéroport de Congonhas à Sao Paulo. Le bilan définitif pourrait dépasser les 200 morts.

Mercredi, le président de la TAM Marco Antonio Bologna avait indiqué que l’Airbus ne présentait « aucun signe » de problèmes techniques et jouissait « de conditions parfaites d’entretien, de navigation et d’opération ».

Des experts continuent toutefois de mettre en cause la sécurité de la piste principale de l’aéroport de Congonhas par temps de pluie. Cette piste venait d’être refaite mais ne disposait pas encore de système de rainurage contre les risques de dérapages par forte pluie.

« Si la piste est sèche on peut contrôler l’avion » avec un seul inverseur de poussée, note James Waterhouse, professeur du département d’ingénierie aéronautique de l’Université de Sao Paulo.

Mais « si la piste est mouillée, avec peu d’adhérence et qu’on n’utilise qu’un inverseur, les pneus n’ont pas la force nécessaire pour maintenir la trajectoire de l’avion », a-t-il déclaré à l’AFP.

« On se demande comment l’armée de l’Air a autorisé l’avion à atterrir sur une piste mouillée et relativement courte dans ces conditions, le risque était imminent », souligne M. Waterhouse, pour qui tant la compagnie TAM que le gouvernement « sont responsables ».

En revanche, « Airbus n’est pas responsable ». « Le manuel d’Airbus donne dix jours pour corriger le problème, mais à condition qu’on prenne les précautions nécessaires qui étaient de ne pas se poser sur une piste mouillée », relève-t-il.

Selon le professeur Jorge Leal, de l’Ecole polytechnique de l’Université de Sao Paulo

Interrogé par l’AFP, « l’inverseur de poussée est un facteur de sécurité supplémentaire mais un avion peut atterrir sans ». « Pourquoi l’avion n’a-t-il pas réussi à se poser? On ne peut écarter l’hypothèse de l’état de la piste », a-t-il ajouté.

M. Leal a critiqué le fait que « le gouvernement ait investi seulement 20 millions de reals (10 millions de dollars) dans la réfection de la piste et 450 millions de reals (225 M USD) dans l’agrandissement du terminal de passagers de Congonhas ».

La chaîne de télévision Globo a en outre affirmé jeudi que l’appareil avait déjà effectué un atterrissage difficile lundi à Congonhas. Mais la TAM a nié avoir eu connaissance « d’un quelconque problème mécanique le 16 juillet », veille de l’accident.

Trois jours après la catatrophe, le président Luis Inacio Lula da Silva devait sortir de son long silence, très critiqué par la presse et l’opposition, pour prononcer dans la soirée une allocution.

Le président Brésilien Lula

Pourrait annoncer des mesures pour faire face à la crise du transport aérien déclenchée en septembre par une autre catastrophe aérienne, celle d’un avion de la compagnie Gol, qui avait fait 154 morts.

Ces mesures devaient être examinées par le Conseil national de l’aviation civile (Conac), qui a auparavant été reçu par le chef de l’Etat, selon des sources gouvernementales.

Sur les lieux de l’accidentde la TAM

Les pompiers poursuivaient vendredi dans des conditions difficiles les opérations de recherche des corps. Mais devant l’état des cadavres, les autorités ont renoncé à donner un décompte précis des morts confirmées avant identification des corps.

Vendredi matin, 28 corps retirés des décombres avaient été identifiés, auxquels s’ajoutent quatre blessés décédés. L’identification complète des restes humains pourrait prendre un mois, selon l’Institut médico-légal.

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