Volkswagen : après le « crime contre l’humanité », la dictature

Publié le:25-09-2015

Actualités de l'amérique du sud

(Mis à jour le: 25 septembre 2015)
Volkswagen : après le « crime contre l’humanité », la dictature
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Alors que l’enquête sur la responsabilité de Volkswagen dans le trucage d’émissions polluantes de ses véhicules vient à peine de commencer, un autre scandale menace déjà le groupe allemand : la dictature durant les années sombres au Brésil.

L’enquête toujours en cours

La dictature militaire de 1964 à 1985 a été une période très sombre pour les Brésiliens. Trente après, de nombreux syndicats et le Forum des travailleurs pour la vérité, la justice et la réparation mènent encore leur enquête pour que les responsables ayant participé de près ou de loin à cette dictature soient jugés et punis. Parmi les responsables découverts, les résultats pointent le groupe allemand Volkswagen.

Logo Volkswagen

Le Forum des travailleurs

Il s’agit d’un groupe de travail provenant de la Commission nationale de la vérité (CNV). Depuis 2012, le Forum est chargé d’enquêter sur les violations des droits de l’homme durant les années noires de la dictature militaire du Brésil. C’est ainsi qu’il a pu découvrir que Volkswagen est directement lié aux persécutions et tortures dont furent victimes de nombreux salariés à cette époque.

Quel a été le rôle de Volkswagen ?

Selon les résultats des enquêtes menées par le Forum, le groupe allemand Volkswagen aurait collaboré avec la police militaire en leur fournissant les noms des salariés perturbateurs et grévistes puis en leur chargeant de les arrêter puis de les torturer.

Témoignage d’une victime de ce nettoyage

Lucio Antonio Bellantani, aujourd’hui 71 ans, fut l’une de ces victimes. Il raconte qu’à 28 ans, il a été livré à la police militaire par le service de sécurité de Volkswagen. Il fut accusé de « Discuter politique avec d’autres collègues afin de les syndiquer et de lutter avec eux contre la dictature et pour la démocratie »

Ces simples discussions lui ont donc valu un mois d’emprisonnement avec tortures. Durant sa détention, on l’obligea à donner les noms des personnes liées au Parti communiste.

Une lutte pour dévoiler la vérité

Les syndicats et le Forum se battent tous les jours pour faire éclater la vérité au grand jour et pour que les responsables paient pour leurs crimes. Selon Lucio Antonio, le pays doit accomplir son devoir de mémoire pour que les générations d’aujourd’hui sachent ce qui s’est passé durant la dictature militaire et ce, afin que l’histoire ne se répète pas.

Volkswagen se terre dans son silence

Face à ces accusations portées contre lui, le groupe allemand, présent depuis plus de 60 ans au Brésil, refuse de répondre aux questions des journalistes et du Forum. Ce dernier détient toutefois un solide dossier concernant l’affaire et Volkswagen n’est pas la seule entreprise jugée coupable. En effet, d’autres sociétés paralysées par la grève auraient aussi livré des salariés à la police militaire. Pour le cas du groupe allemand, on l’accuse d’avoir livré 436 grévistes qui ont participé à la grande grève de 41 jours que, ironie du sort, Luiz Inacio Lula da Silva (président du Brésil de 2003 à 2010 et encore chouchou de la population), alors simple syndicaliste chahuteur a orchestré.

Affaire à suivre …

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