Brésil : un peu de café de qualité sur les tonnes de grains ordinaires produits

Publié le:18-08-2015

Actualités du Brésil |

(Mis à jour le: 17 septembre 2018)
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Le Brésil est certes réputé pour sa production de café, mais jusqu’ici, cette réputation ne reposait que sur la quantité produite. Cela n’est toutefois plus le cas, car depuis quelques années, la « Ferme écologique Fortaleza » souhaite se démarquer tant en quantité qu’en qualité.

Le Brésil : premier producteur mondial de café

Oui, le Brésil est bien le premier producteur mondial de café et ce, même si la qualité n’y est pas. Une contradiction que les pays qui se fournissent auprès de lui ont dû instaurer depuis longtemps puisque si la quantité répond à toutes les attentes, la qualité du grain brille par son absence. En d’autres termes, le café brésilien manque de finesse et c’est ce que Marcos Croce a décidé de changer.

 Cafe de qualite

Du café de qualité pour Marcos Croce

Marcos Croce est un agriculteur Brésilien qui plante une grande variété d’espèces et d’arbres tropicaux. Un jour, il s’est décidé à cultiver un peu de café entre ses autres plantations, mais déjà à cette époque, il voulait un café de qualité, pas comme celui que son pays exportait. Au fil des ans, Marcos Croce a alors affiné son grain et aujourd’hui, dans sa « Ferme écologique Fortaleza » située à environ 300 km au nord de Sao Paulo, il produit un grain de qualité hautement supérieur à celui que l’on retrouve dans le reste du Brésil. Pour obtenir une telle qualité, l’agriculteur nous partage son secret : l’agriculture biologique.

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De produits chimiques à la méthode biologique

Du haut de ses 62 ans, Marcos Croce a réussi là où aucun autre agriculteur brésilien ne s’est risqué. Au milieu de ses arbustes de café, il nous raconte que le domaine appartenait à la famille de son épouse qui y produisait déjà du café depuis 1980. Toutefois, avant que le couple ne reprenne l’affaire en 2001, sa belle famille utilisait les méthodes traditionnelles à savoir les engrais et les pesticides. Dès que le couple Croce s’est retrouvé à la tête de ce domaine de Mococa, il a tout de suite adopté la méthode biologique. Une décision difficile puisqu’a réduit de 80 % la production de toute la plantation, mais que Marcos Croce est loin de regretter.

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Une petite production qui marche très bien

Avant 2001, ce domaine produisait 10 000 sacs de café par an, mais depuis qu’il a basculé vers la méthode biologique, 80 % de la production s’en est allée et pour cause : une plus faible productivité couplée à une réduction de la surface destinée aux grains alors que le domaine s’étend sur 800 hectares. Malgré cette grosse différence, Marcos Croce et sa femme ont tenu bon et ne regrettent pas d’avoir fait ce choix. Aujourd’hui, aux côtés des tonnes de café sans finesse exportés par son pays, le couple vend son café de qualité à une trentaine de pays dont l’Italie et la France.

Une coopérative instaurée

Face à son engouement pour le bio, Marcos Croce a mis sur pieds la coopérative « Bob-O-Link » qui regroupe actuellement un peu plus de 60 petits agriculteurs de leur région. Ces agriculteurs utilisent tous la méthode biologique et ensemble, ils veulent mettre en place un indice de durabilité de l’environnement, du domaine social et bien évidemment, de la production de café.

Une forte demande en café de qualité à travers le monde

Le Brésil a produit en 2014 un total de 45, 3 millions de sacs de café de 60 kilos chacun, une quantité qui équivaut au tiers de la production mondiale. Il se place alors avant le Vietnam et la Colombie et est considéré comme le meilleur de la deuxième division à laquelle il appartient. Cette place lui risque toutefois de filer entre ses doigts s’il n’améliore pas rapidement la qualité de son grain. Sur toute sa production annuelle, seuls huit millions de sacs contiennent du café de spécialité reconnu meilleur que le reste. Ces chiffres ont grimpé à 59 % depuis 2013, mais le fait est que le café brésilien garde sa réputation de basse qualité. Une réalité qui contredit les tendances actuelles puisque la demande en café de qualité a augmenté de 10 à 15 % ces dernières années contrairement au café ordinaire dont l’augmentation n’a augmenté que de 2 %.

Le concours « Cup of Excellence »

Depuis que l’association de Café de spécialité a lancé le concours « Cup of Excellence » en 1999 afin de promouvoir son meilleur café, la tendance au café de qualité est née. Depuis, de nombreux pays ont organisé à leur tour ce concours qui est devenu une référence au niveau mondial. Lors de chaque concours, des dégustateurs certifiés sont chargés de goûter à chaque breuvage et seuls ceux remportant une note de plus de 80 sur 100 obtiennent le prix de meilleur café. Le café de type arabica en fait partie et pour le rejoindre, il faut que le café proposé conjugue arôme et saveur. Parmi les pays dont la demande de café raffiné augmente chaque année, on cite l’Europe, les USA et le Japon. Même si le Brésil commence à s’orienter vers cette nouvelle branche comme le fait Marcos Croce, la grande majorité de café raffiné produite jusqu’ici provient de quelques pays africains et de la Colombie.

Le bon café : un produit complexe à obtenir

Pour obtenir un bon café, il ne suffit pas d’acheter le meilleur grain, mais ce grain doit suivre tout un processus depuis sa plantation jusqu’à ce qu’il arrive fumant dans notre tasse. Isabela Raposeiras, propriétaire du Coffee Lab à Sao Paulo est une spécialiste du café et dans sa boutique, elle ne fait pas que vendre du café. Elle en parle volontiers et nous partage la recette du bon café. Selon elle, tout le cycle de vie du grain a son importance depuis sa culture jusqu’à la préparation de la tasse en passant par sa maturité, son séchage avec et sans la pulpe et sa torréfaction. Si tout ce processus est respecté dans les règles, le bon café obtenu se reconnaîtra par son goût plus ou moins doux avec quelques notes fruitées ou boisées en arrière-plan.

Le « Cerrado Mineiro » : les premiers pas du Brésil dans le café de qualité

C’est effectivement dans cette région nommée « Cerrado Mineiro » que la majorité des producteurs de café de qualité du Brésil produisent leur café. Le géant sud-américain ne s’est réellement lancé dans ce marché qu’à partir de 2014, mais de petits agriculteurs en proposaient déjà auparavant. Selon Susie Spindler, responsable du concours « Cup of Excellence », le Brésil abrite une grande variété de cafés exceptionnels qui commencent à se faire une réputation sur le marché. En attendant qu’il prenne réellement son envol, Marcos Croce continue de produire son café de qualité. Pour ce mois d’août qui signe la fin de l’hiver austral, ses employés s’apprêtent déjà à étendre au soleil les baies cueillies à la main. Selon cet agriculteur, la production de café de qualité prend du temps, coûte cher et est plus complexe, mais c’est également un rêve et une fierté. De plus, malgré ce que cela coûte, il arrive à vendre son café à un bon prix à travers le monde.

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